Checklist d'installation
Les 7 repères pour lancer ton activité libérale de kiné
Par l'équipe PilotKinéPublié le Mis à jour le 9 min de lecture

Vérifié le 10 octobre 2026 auprès des sources officielles.
Mis à jour le 13 octobre 2026 · Prochaine vérification prévue le 10 avril 2027. Les règles évoluent : contrôle toujours la source officielle avant d'envoyer un dossier.
Il n'existe pas une liste parfaitement linéaire pour toutes les situations. Le département, le mode d'exercice et le zonage peuvent modifier l'ordre ou les pièces à fournir. Ces sept repères t'évitent néanmoins d'oublier un interlocuteur essentiel.
Le point à retenir
Confirme toujours l'ordre exact avec le conseil départemental de l'Ordre et la CPAM de ton lieu d'exercice.
1. Définis ton projet d'exercice
Précise si tu démarres comme remplaçant, collaborateur, assistant ou titulaire, et si tu exerces seul ou dans une structure existante. Ces choix déterminent les contrats et une partie des démarches suivantes.
Ils déterminent aussi ce que tu encaisses réellement :
- Remplaçant : tu interviens à la place d'un confrère absent, sur la base d'un contrat de remplacement.
- Collaborateur : tu exerces en parallèle du titulaire, avec ta propre patientèle, et tu lui verses une redevance prévue au contrat.
- Assistant : tu exerces aux côtés du titulaire, dans un cadre différent de la collaboration.
- Titulaire : tu portes le cabinet, son local, son matériel et ses charges fixes.
L'Assurance Maladie rappelle que l'exercice à plusieurs peut aussi prendre une forme juridique dédiée : société civile de moyens (SCM), groupement d'intérêt économique (GIE), société civile professionnelle (SCP), société d'exercice libéral (SEL), ou contrat de collaboration libérale, qui permet de s'adjoindre à un autre auxiliaire médical sans lien de subordination.
Le guide Remplacement, collaboration ou installation détaille ce qui change d'un cas à l'autre.
2. Vérifie le lieu et le conventionnement
Les conditions de conventionnement varient selon la commune, et c'est le repère qui coûte le plus cher quand on le saute.
L'Assurance Maladie décrit un zonage propre à la profession, à quatre niveaux de dotation :
| Zone | Ce que l'Assurance Maladie en dit |
|---|---|
| Très sous-dotée | Les bassins de vie couvrant les 15 % de la population où l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée (APL) est le plus bas. Aides à l'installation et au maintien d'activité. |
| Sous-dotée | Les 15 % suivants. Accès au dispositif d'aide à l'installation par les contrats incitatifs. |
| Intermédiaire | Les bassins de vie qui ne relèvent d'aucune des trois autres catégories. |
| Non prioritaire | Les bassins de vie couvrant les 30 % de la population où l'APL est le plus élevé. Conventionnement régulé. |
Dans une zone non prioritaire, la caisse examine, en plus des conditions générales, si tu assures la succession d'un confrère cessant définitivement son activité dans la zone. L'avenant 7 à la convention nationale a introduit des cas dérogatoires, que la caisse du lieu d'exercice est seule à pouvoir qualifier.
Le guide Aide à l'installation de la commune et zonage explique comment lire ce classement.
3. Inscris-toi au tableau de l'Ordre
Pour exercer légalement en France, tout masseur-kinésithérapeute doit être inscrit au tableau du conseil de l'Ordre de son département d'exercice. Un jeune diplômé peut préparer sa première inscription sur Mon portail Kiné, mais c'est le conseil départemental ou interdépartemental qui statue et notifie l'inscription.
Tu ressors de cette étape avec une attestation d'inscription portant ton numéro RPPS : garde-la, le guichet suivant la demande. Voir Ordre des kinés : inscription et déclaration d'exercice libéral.
4. Fais relire ton contrat
Fais vérifier et transmets ton contrat d'exercice lorsqu'il existe : remplacement, collaboration, assistanat, mise à disposition de local. Ton conseil départemental est l'interlocuteur à qui demander les modalités exactes.
Lis au moins trois clauses avant de signer : le pourcentage de rétrocession ou de redevance, la durée et les conditions de rupture, et la clause de non-concurrence ou de non-réinstallation. Ce sont celles qui se discutent le plus mal après la signature.
5. Prépare ton installation auprès de la CPAM
Le dossier se dépose sur le téléservice de l'Assurance Maladie, avec ta pièce d'identité et un RIB — professionnel, ou personnel à défaut. Tu choisis ensuite une date de rendez-vous avec un conseiller, qui enregistre ton installation, te présente la convention nationale et ses options, et effectue avec toi les formalités de protection sociale, dont ton inscription à l'Urssaf.
Choisis donc le compte avant de déposer le dossier : c'est celui dont tu donnes le RIB qui recevra les virements. Voir Installation à la CPAM.
6. Déclare ton début d'activité au Guichet unique
La déclaration se fait sur le Guichet unique des formalités d'entreprises, selon le parcours « praticien et auxiliaire médical » publié par l'Urssaf. Le mode opératoire indique une déclaration au plus tard dans les 8 jours suivant le début d'activité, après les démarches CPAM qu'il mentionne.
Voir Déclarer son activité sur le Guichet unique, et le parcours « Je m'installe » pour l'enchaînement complet.
7. Organise tes flux financiers
Sépare clairement les recettes et dépenses professionnelles. Dès les premiers encaissements, distingue les frais, les cotisations, l'impôt, la réserve de sécurité et la rémunération réellement disponible.
Trois erreurs reviennent systématiquement les premiers mois :
- Lire le solde du compte comme un revenu. Les cotisations de la première année sont appelées sur une base provisoire, puis régularisées : l'argent présent sur le compte en juin n'est pas tout à toi.
- Jeter les justificatifs d'avant le premier patient. Les dépenses engagées avant la première séance comptent aussi, à condition de pouvoir les prouver. Voir Les dépenses avant le premier patient.
- Attendre la fin de l'année pour regarder. Une provision mise de côté chaque mois absorbe un appel de cotisations ; une provision rattrapée en décembre, non.
Les sept repères, à cocher
0 sur 7
Tes coches restent dans ce navigateur : elles ne sont ni envoyées, ni rattachées à un compte.
Questions fréquentes
Faut-il s'inscrire à l'Ordre avant ou après la CPAM ?
Avant. L'Assurance Maladie décrit l'enchaînement dans cet ordre : inscription au tableau du conseil de l'Ordre du département d'exercice, puis enregistrement de l'activité libérale auprès de la caisse. L'attestation d'inscription porte le numéro RPPS, que le dossier CPAM demande.
Peut-on signer un bail avant de vérifier le zonage ?
Techniquement oui, et c'est le piège. Dans les zones classées « non prioritaires » par l'ARS, l'Assurance Maladie n'accorde le conventionnement que si tu assures la succession d'un confrère qui cesse définitivement son activité dans la zone. Vérifie le classement de la commune auprès de la caisse du lieu d'exercice envisagé avant de t'engager.
Un remplaçant a-t-il les mêmes démarches qu'un titulaire ?
Les démarches de début d'activité existent aussi pour un remplaçant, mais le contenu du dossier et le mode d'exercice déclaré diffèrent. Le Guichet unique demande d'ailleurs si tu exerces comme titulaire ou comme remplaçant. Fais confirmer ta situation par ton conseil départemental et par ta caisse.
Sources
- Ordre des masseurs-kinésithérapeutes — Première inscription (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 13 octobre 2026
- Assurance Maladie — Processus d'installation (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 13 octobre 2026
- Urssaf — Début d'activité PAM (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 10 octobre 2026
PilotKiné est un outil de pilotage financier pour les kinés libéraux. Il n'est ni un cabinet comptable, ni un avocat, ni une administration : ce guide informe, il ne remplace pas l'avis de l'organisme concerné ou d'un professionnel qui connaît ta situation.