AGA et OGA
AGA, OGA et kiné libéral : faut-il encore adhérer à une association agréée ?
Par l'équipe PilotKinéPublié le 11 min de lecture

Vérifié le 1er novembre 2026 auprès des sources officielles.
Mis à jour le 1er novembre 2026 · Prochaine vérification prévue le 30 juin 2027. Les règles évoluent : contrôle toujours la source officielle avant d'envoyer un dossier.
Si tu cherches « faut-il adhérer à une AGA », tu vas tomber sur beaucoup de pages qui répondent à une question qui n'existe plus. Le cadre a bougé deux fois en quatre ans, et la seconde fois il a disparu.
Le point à retenir
Si tu cherches à savoir s'il faut adhérer à une AGA, la réponse a changé de nature. L'article 11 de la loi de finances pour 2025 a abrogé les articles du CGI qui créaient l'agrément et les missions légales des organismes de gestion agréés, et il a supprimé la réduction d'impôt de l'article 199 quater B. Adhérer ne produit donc plus d'effet fiscal prévu par le code. Les services qu'une association rendait — relecture, prévention, aide à la déclaration — peuvent rester utiles, mais ce sont désormais des services, pas un régime. **À valider avec ton comptable.**
De quoi on parle : AGA, OGA, OMGA
Les sigles se sont empilés, et ils désignaient des objets voisins :
- une AGA — association de gestion agréée, ou association agréée — était la forme réservée aux professions libérales, celle qui concernait un kiné. Ses règles étaient aux articles 1649 quater F à 1649 quater H du CGI ;
- un CGA — centre de gestion agréé — jouait le même rôle pour les commerçants et artisans, aux articles 1649 quater C et suivants ;
- un OMGA — organisme mixte de gestion agréé — réunissait les deux publics ;
- OGA est le terme générique qui les englobe, et celui que l'administration emploie dans ses communications de 2025.
Le point commun était l'agrément : une association de droit privé ordinaire devenait « agréée » par l'administration fiscale, ce qui lui donnait des missions définies par la loi et attachait des conséquences fiscales à l'adhésion de ses membres. C'est cet édifice, et lui seul, que l'article 11 a retiré.
Ce qu'une association agréée faisait — et ce qu'elle n'a jamais fait
Ce que la loi lui faisait faire
Dans ses dernières versions publiées, le BOFiP décrivait trois niveaux d'examen à la charge de l'association :
- un contrôle formel : vérifier que les documents sont complets, conformes aux notices fiscales et « ne comportent pas d'erreurs matérielles » ;
- un examen de concordance, de cohérence et de vraisemblance — l'ECCV — « de l'ensemble des déclarations reçues », dans un délai de neuf mois ;
- un examen périodique de sincérité — l'EPS — des pièces justificatives des adhérents soumis à un régime réel d'imposition.
Le tout aboutissait au compte rendu de mission : adressé à l'adhérent dans les deux mois suivant la fin des opérations de contrôle, avec une copie transmise au service des impôts des entreprises dans le même délai, l'ensemble n'excédant pas onze mois à compter de la réception de la déclaration de résultats. Il portait les anomalies relevées, les questions posées et les réponses apportées.
Ce qu'elle ne faisait pas
Deux limites, et elles comptent pour comprendre ce qu'on perd ou pas.
Elle ne tenait pas ta comptabilité. Sa mission était d'examiner des déclarations et des documents que tu lui transmettais. La tenue des comptes restait la tienne, ou celle de ton expert-comptable.
Elle ne contrôlait pas à la place de l'administration. Le BOFiP le disait sans détour : le rôle de l'association « est sans incidence sur les missions de contrôle fiscal dévolues par le législateur aux agents de la Direction générale des finances publiques ». Un compte rendu de mission sans réserve n’a jamais valu quitus.
La majoration de 25 % : l'argument qui a disparu le premier
C'était l'argument. Jusqu'à l'imposition des revenus de 2019, le bénéfice d'un professionnel soumis à un régime réel qui n'adhérait pas à un organisme agréé était majoré de 25 % pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Adhérer coûtait une cotisation ; ne pas adhérer coûtait un quart de bénéfice imposable en plus. La décision se prenait toute seule.
L'article 34 de la loi de finances pour 2021 a organisé sa suppression progressive sur trois ans :
| Imposition des revenus de | Taux de majoration |
|---|---|
| 2019 et avant | 25 % |
| 2020 | 20 % |
| 2021 | 15 % |
| 2022 | 10 % |
| 2023 et suivants | aucune |
Depuis les revenus de 2023, il n'y a donc plus aucune majoration pour non-adhésion.
La réduction d'impôt de l'article 199 quater B
L'article 199 quater B accordait une réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu au titre des dépenses exposées pour la tenue de la comptabilité et pour l'adhésion à un organisme agréé, aux adhérents ayant opté pour un régime réel alors que leurs recettes les plaçaient sous la limite du régime des micro-entreprises.
Le 4° de l'article 11 de la loi de finances pour 2025 l'a abrogé. Le BOFiP précise que l'abrogation joue « à compter du 1er janvier 2025 » et que « les commentaires doctrinaux relatifs à ce dispositif sont retirés ».
Ce qui reste, en revanche, c'est la nature de dépense. Tes honoraires de comptable et une éventuelle cotisation d'association sont des dépenses nécessitées par l'exercice de la profession au sens de l'article 93 du CGI : à la déclaration contrôlée, elles se déduisent comme charges, comme ton assurance ou ton loyer. Ce qui a disparu est la réduction d'impôt qui venait par-dessus la déduction, pas la déduction elle-même.
Dispense de majoration, délai de reprise, prévention fiscale
Trois avantages reviennent souvent dans les pages sur les AGA. Voici où ils en sont.
Les trois avantages annexes, et leur état aujourd'hui
- 1
[délai de reprise] Il ne figure plus dans le texte en vigueur
Un délai de reprise ramené à la fin de la deuxième année existait pour les adhérents, à condition que le service des impôts ait reçu une copie du compte rendu de mission prévu par les articles 1649 quater E et 1649 quater H du CGI. La version en vigueur de l'article L169 du livre des procédures fiscales ne mentionne plus ce délai réduit : elle énonce la fin de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due, avec les prorogations qu'elle prévoit par ailleurs. La condition elle-même est devenue impossible à remplir, puisque le compte rendu de mission n'est plus une mission légale.
- 2
[dispense de majoration] Les textes qui la portaient sont abrogés
Les dispenses attachées à l'adhésion vivaient dans le chapitre I ter du CGI, abrogé en bloc par le
6°de l'article 11, et le7°du même article abroge le a du II de l'article 1727 du CGI, qui porte aujourd'hui la mention « (Abrogé) ». Ce guide ne recopie pas le contenu d'un texte qu'il ne peut plus lire en vigueur. Si tu envisages une régularisation spontanée, la question des pénalités et de l'intérêt de retard se pose sur le droit commun : à valider avec ton comptable. - 3
[prévention fiscale] Ce n'est plus une mission, ça peut rester un service
L'ECCV, l'EPS et le compte rendu de mission étaient le cœur de ce qu'on appelait la prévention fiscale : une relecture annuelle, avant l'administration, par un tiers qui connaissait le métier. Depuis le 16 février 2025, ces opérations ne sont plus obligatoires pour un organisme. Elles peuvent subsister comme prestation, et c'est alors une question de contenu et de prix. Ce qu'elles valent dans ta situation est un point d'appréciation : à valider avec ton comptable.
Délais d'adhésion : il n'y a plus de délai légal à respecter
C'est la question la plus fréquente, et sa réponse a changé de forme.
Les délais d'adhésion existaient parce que l'adhésion produisait un effet fiscal : il fallait être adhérent sur une certaine durée, ou adhérer dans un certain délai après le début d'activité, pour échapper à la majoration puis pour ouvrir droit à la réduction d'impôt. Ces conditions étaient portées par le chapitre I ter du CGI et commentées dans la division DJC-OA du BOFiP.
Le chapitre est abrogé depuis le 16 février 2025. Les commentaires du BOFiP sur les associations agréées des professions libérales ont été retirés le 18 juin 2025. Il n'existe donc plus de délai d'adhésion fixé par le code des impôts : ni première année, ni années suivantes.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : à qui ce sujet s'adressait
Toute cette histoire appartenait à la déclaration contrôlée. Si tu es au micro-BNC, elle ne t'a jamais vraiment concerné.
| Micro-BNC | Déclaration contrôlée | |
|---|---|---|
| Base imposable | Recettes brutes − abattement de 34 % | Recettes − dépenses justifiées |
| Dépenses déductibles | Aucune | Celles nécessitées par l'exercice de la profession |
| Honoraires de comptable, cotisation d'association | Non déductibles | Déductibles comme charges |
| Déclaration professionnelle | Aucune 2035 | 2035 à établir |
| Sujet AGA / OGA | Sans objet | Le sujet s'y posait, jusqu'au 16 février 2025 |
L'article 102 ter du CGI fixe le bénéfice imposable du micro-BNC au montant brut des recettes annuelles diminué d'un abattement forfaitaire de 34 %, sans pouvoir descendre sous 305 €, pour des recettes hors taxes n'excédant pas 83 600 € l'année précédente ou la pénultième année. Aucune dépense ne se déduit : ni honoraires de comptable, ni cotisation d'association.
À la déclaration contrôlée, ces dépenses se déduisent, et c'est là que la question de l'adhésion se posait. Le détail du régime, de la 2035 et du prélèvement à la source est dans Impôt du kiné libéral : BNC, déclaration 2035 et prélèvement à la source.
Ce qui ne change pas : tes obligations
Un point qui mérite d'être dit clairement, parce que la disparition d'un organisme de contrôle se lit parfois comme une disparition d'obligations.
Rien de ce qui t'incombe n'a bougé. À la déclaration contrôlée, tu dois toujours déterminer ton bénéfice selon l'article 93 du CGI, tenir ton livre des recettes et ton registre des immobilisations, conserver tes justificatifs et déposer ta 2035. Ce qui a disparu, c'est un tiers qui relisait tout ça avant l'administration — et la copie du compte rendu de mission qu'elle recevait. L'administration, elle, conserve son droit de contrôle dans les délais de l'article L169 du LPF.
Pour la préparation de fin d'exercice, l'ordre des opérations est dans La fin d'année du kiné libéral. Et pour la pièce que ton comptable ne pourra pas reconstituer sans toi, les kilomètres : Frais de voiture du kiné libéral.
Ce qu'il te reste à décider, concrètement
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Questions fréquentes
Faut-il encore adhérer à une AGA quand on est kiné libéral ?
Le code général des impôts ne prévoit plus d'effet fiscal attaché à l'adhésion. L'article 11 de la loi de finances pour 2025 a abrogé les articles 1649 quater C à 1649 quater O du CGI, qui créaient l'agrément et les missions légales des organismes de gestion agréés, et a abrogé l'article 199 quater B, qui portait la réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion. Ce qu'une association peut encore t'apporter relève du service rendu et de son prix, pas d'un régime fiscal. Ce guide ne te dit pas quoi décider : c'est un point d'appréciation, à valider avec ton comptable.
La majoration de 25 % pour non-adhésion existe-t-elle encore ?
Non. L'article 34 de la loi de finances pour 2021 a organisé sa suppression progressive : 20 % pour l'imposition des revenus de 2020, 15 % pour 2021, 10 % pour 2022, puis plus rien à compter de l'imposition des revenus de 2023. C'est l'étape qui a vidé de son principal argument la question « faut-il adhérer », quatre ans avant que l'agrément lui-même disparaisse.
Jusqu'à quand la réduction d'impôt de l'article 199 quater B s'est-elle appliquée ?
Le BOFiP indique que la loi de finances pour 2025 a abrogé l'article 199 quater B à compter du 1er janvier 2025, et que les commentaires doctrinaux relatifs à ce dispositif sont retirés. La réduction concernait les dépenses de tenue de comptabilité et d'adhésion, pour les contribuables adhérents qui avaient opté pour un régime réel et dont les recettes restaient sous la limite du régime des micro-entreprises. Si tu as encore eu une ligne de réduction, c'est au titre d'un exercice antérieur : ce que la date d'effet donne sur ta situation est à valider avec ton comptable.
Ma cotisation d'association et mes honoraires de comptable restent-ils déductibles ?
Ce sont des dépenses nécessitées par l'exercice de la profession au sens de l'article 93 du CGI, donc des charges du BNC à la déclaration contrôlée, comme ton assurance RCP ou ton loyer. Ce qui a disparu, c'est la réduction d'impôt qui venait par-dessus, pas la nature de la dépense. La rubrique de 2035 sur laquelle elles se rangent dépend de ce que couvre la facture : à faire trancher par ton comptable.
Et le délai de reprise réduit à deux ans ?
La version en vigueur de l'article L169 du livre des procédures fiscales ne mentionne plus de délai réduit pour les adhérents d'un centre de gestion ou d'une association agréés. Le délai qu'il énonce est celui de la fin de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due, avec les prorogations qu'il prévoit par ailleurs. Ce délai réduit était conditionné à la réception par le service des impôts d'une copie du compte rendu de mission, document qui n'est plus une mission légale.
En micro-BNC, la question se pose-t-elle ?
Elle ne se posait déjà que de loin. L'article 102 ter du CGI fixe le bénéfice imposable au montant brut des recettes diminué d'un abattement forfaitaire de 34 %, sans déduction de dépenses : ni honoraires de comptable, ni cotisation d'association. Le sujet appartenait à la déclaration contrôlée, et depuis le 16 février 2025 il n'y a plus de régime d'agrément à y rattacher.
J'ai reçu un compte rendu de mission l'an dernier, c'était quoi ?
Le compte rendu de mission était le document par lequel l'organisme agréé rendait compte de son examen. Dans sa dernière version publiée, le BOFiP prévoyait qu'il soit adressé à l'adhérent dans les deux mois suivant la fin des opérations de contrôle, qu'une copie soit transmise au service des impôts des entreprises dans le même délai, et que l'ensemble n'excède pas onze mois à compter de la réception de la déclaration de résultats. Il portait les résultats de l'examen de concordance, de cohérence et de vraisemblance, les anomalies relevées, les questions posées et les réponses de l'adhérent. Ce n'est plus une mission légale.
PilotKiné remplace-t-il une AGA ou un comptable ?
Non. PilotKiné classe tes opérations, estime tes cotisations et ton impôt, et produit un pack d'exercice que ton comptable peut reprendre. Il ne tient pas ta comptabilité, ne signe rien, ne remplit pas ta 2035 et ne te dit pas quoi décider. Ses chiffres sont des estimations affichées avec leur source.
Sources
- Légifrance — Article 11 de la LOI n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- Légifrance — Chapitre I ter du CGI — centres de gestion agréés, associations agréées et organismes mixtes de gestion agréés (articles abrogés) (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- Légifrance — Section II du CGI — associations agréées des professions libérales, articles 1649 quater F à 1649 quater H (abrogés) (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- Légifrance — Article 199 quater B du code général des impôts (abrogé) (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- impots.gouv.fr — Organismes de gestion agréés (OGA) — abrogation des dispositions relatives à l'agrément et aux missions légales (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- impots.gouv.fr — Suppression du dispositif d'agrément des organismes de gestion agréés — questions-réponses (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- BOFiP — ACTU-2025-00063 — Suppression de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 quater B du CGI (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- BOFiP — BOI-BNC-DECLA-10-40 — Associations agréées des membres de professions libérales (commentaires retirés) (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- BOFiP — ACTU-2021-00106 — Suppression progressive de la majoration du bénéfice pour non-adhésion à un organisme de gestion agréé (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- BOFiP — BOI-DJC-OA-20-10-20-20 (version du 03/06/2020) — examen par les associations agréées des déclarations et documents communiqués par les adhérents (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- BOFiP — BOI-DJC-OA-20-10-30 (version du 20/12/2021) — compte rendu de mission (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- Légifrance — Article L169 du livre des procédures fiscales — délai de reprise en matière d'impôt sur le revenu (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- Légifrance — Article 102 ter du code général des impôts — régime déclaratif spécial (micro-BNC) (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
- Légifrance — Article 93 du code général des impôts — détermination du bénéfice non commercial (site externe, nouvel onglet)Source officielle · consultée le 1er novembre 2026
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