Fin d'année

La fin d'année du kiné libéral : ce qui se joue avant le 31 décembre

Par l'équipe PilotKinéPublié le 12 min de lecture

Vérifié le 1er novembre 2026 auprès des sources officielles.

Mis à jour le 1er novembre 2026 · Prochaine vérification prévue le 31 janvier 2027. Les règles évoluent : contrôle toujours la source officielle avant d'envoyer un dossier.

Décembre n'est pas une clôture de comptes pour un kiné libéral : ton exercice est l'année civile, et personne ne t'arrête le 31. Mais c'est le mois où plusieurs calendriers se croisent — l'impôt local, l'Urssaf, le solde d'impôt sur le revenu — et surtout le mois où une seule chose change de sens : la date d'un paiement.

Le point à retenir

À la déclaration contrôlée, ce n'est pas la date de ton acte ni celle de ta facture qui compte : c'est la date où l'argent bouge. Une dépense payée le 31 décembre appartient à l'année qui s'achève, la même payée le 2 janvier à la suivante. En micro-BNC, rien de tout cela ne change ton impôt : l'abattement remplace tes dépenses. Décembre porte aussi des échéances — solde de CFE, Urssaf, solde d'impôt — et, la première année seulement, la déclaration 1447-C.

La règle qui commande tout le reste

Les recettes : encaissées, pas facturées

Le BOFiP est net : « Doivent être comprises dans le produit brut toutes les recettes encaissées au cours de l'année d'imposition », et « une somme est réputée encaissée à la date où le bénéficiaire en a la libre disposition ».

La date retenue dépend donc du moyen de paiement, et le BOFiP les traite un par un.

Comment tu es payéDate de la recette
EspècesLe jour où tu les reçois
Chèque remis en main propreLa date de la remise du chèque, même si tu ne le déposes pas tout de suite
Chèque reçu par courrierLa date de réception de la lettre
Virement (CPAM, mutuelle, patient)La date d'inscription au crédit de ton compte

C'est la ligne « virement » qui compte le plus pour un kiné conventionné : la quasi-totalité de tes honoraires arrive par là.

Les dépenses : acquittées, pas engagées

Même logique, en miroir. Le BOFiP pose qu'« en principe, les dépenses professionnelles doivent, pour être admises en déduction, avoir été effectivement acquittées au titre de l'année d'imposition », et le Conseil d'État l'a confirmé : elles se rattachent à l'année civile au cours de laquelle elles ont été effectivement acquittées.

Comment tu paiesDate de la dépense
ChèqueLa date de la remise du chèque
Virement, prélèvement, carteLa date du débit de ton compte

Une facture datée du 20 décembre et payée le 5 janvier est donc une dépense de l'année suivante. Et un prélèvement lancé le 30 décembre mais débité le 2 janvier aussi : c'est la ligne du relevé qui tranche, pas l'ordre de paiement.

La dérogation : créances acquises et dépenses engagées

L'article 93 A du CGI permet de sortir de cette logique de caisse : sur option, le bénéfice se détermine d'après les créances acquises et les dépenses engagées, et la date de paiement cesse alors de décider de l'année.

Ce n'est pas une échéance de décembre, mais elle en est proche : l'option « doit être exercée avant le 1er février de l'année au titre de laquelle l'impôt est établi », et elle s'applique tant qu'elle n'a pas été dénoncée dans les mêmes conditions. Autrement dit, si cette option t'intéresse pour l'année qui commence, la fenêtre est le mois de janvier. Elle change toute la tenue de ta comptabilité : à valider avec ton comptable avant de la poser.

Si tu es au micro-BNC, cette section ne te concerne pas

L'article 102 ter du CGI fixe le bénéfice imposable au « montant brut des recettes annuelles diminué d'un abattement forfaitaire de 34 % », sans pouvoir descendre sous 305 €, pour des recettes hors taxes de l'année précédente ou de la pénultième année n'excédant pas 83 600 €.

Conséquence : aucune dépense ne se déduit. Une table achetée le 28 décembre, un loyer payé d'avance, une cotisation Madelin versée le 31 : rien de tout cela ne bouge ton bénéfice imposable. Seules tes recettes comptent, et la règle de l'encaissement, elle, continue de s'appliquer à elles.

Ce qui reste utile en fin d'année si tu es au micro : savoir où tu en es de tes recettes, parce que c'est ce total qui décide de ton maintien dans le régime et de tes cotisations. Voir Impôt du kiné libéral : BNC, 2035 et prélèvement à la source.

Ce qui tombe vraiment en décembre

Tout ne se décide pas, une partie se paie. Voilà le mois tel qu'il arrive, avec ce qui dépend de ta situation.

Décembre, échéance par échéance

  1. 15 déc.

    Le solde de la CFE

    L'avis est mis en ligne en novembre dans ton espace professionnel sur impots.gouv.fr — rien n'arrive par courrier — et le solde doit être payé au plus tard le 15 décembre à minuit, par un moyen de paiement dématérialisé. Le détail est dans le guide dédié : La CFE du kiné libéral.

  2. 2

    [5 ou 20 déc.] L'échéance Urssaf, si tu paies au mois

    Les cotisations provisionnelles se prélèvent soit mensuellement, le 5 ou le 20, soit trimestriellement, les 5 février, 5 mai, 5 août et 5 novembre. Si tu es au trimestre, ta dernière échéance de l'année est donc celle de novembre : décembre est vide de ce côté-là. Si tu es au mois, il reste une échéance.

  3. déc.

    L'échéance CARPIMKO, selon ton échéancier

    La CARPIMKO appelle ses cotisations sur son propre échéancier, qu'elle t'adresse si tu es en prélèvement automatique. Le nombre et les dates des prélèvements restants dépendent de ton échéancier et de la date à laquelle ton revenu lui a été transmis : regarde le tien dans ton espace, c'est la seule source qui parle de ton cas.

  4. 28 déc.

    Le dernier prélèvement du solde d'impôt

    Si ta déclaration de printemps a laissé un solde d'impôt sur le revenu supérieur à 300 €, il est prélevé en quatre fois, le 25 septembre, le 26 octobre, le 26 novembre et le 28 décembre. C'est une sortie de trésorerie de fin d'année qu'on oublie facilement, parce qu'elle a été décidée six mois plus tôt.

  5. 31 déc.

    La déclaration 1447-C, la première année seulement

    Si tu as démarré ton activité cette année, tu ne paies pas de CFE, mais la déclaration initiale n° 1447-C doit partir au plus tard le 31 décembre au service des impôts des entreprises. C'est elle qui servira à calculer ta CFE des années suivantes. Ce n'est à faire qu'une fois, l'année de la création.

  6. janv.

    Le dernier versement de la caisse

    Les actes de la fin décembre réglés après le 31 sont des recettes de l'année suivante. Rien à faire, mais à savoir au moment de lire ton total annuel : il s'arrête au dernier crédit de l'année, pas au dernier acte.

Un achat de matériel : charge de l'année, ou bien à amortir

C'est la question de fin d'année la plus fréquente, et sa réponse n'est pas dans le prix que tu as payé mais dans le prix unitaire hors taxes.

Le BOFiP admet une tolérance : certaines dépenses d'acquisition de matériel, de mobilier ou de logiciel « peuvent être portées directement en charges déductibles » lorsque leur prix unitaire hors taxes n'excède pas 500 €.

Trois précisions du même texte, qui font la différence sur un cas réel :

  • la tolérance concerne les matériels professionnels, à l'exception du matériel de transport ;
  • pour un bien composé de plusieurs éléments achetables séparément — des rangements modulables, par exemple —, « il y a lieu de prendre en considération le prix global de ce bien, et non la valeur de chaque élément » pour apprécier la limite de 500 € HT ;
  • quand tu te prévaux de cette déduction immédiate, tu es dispensé de porter le prix d'acquisition sur le registre des immobilisations.

Au-dessus du seuil, le bien entre à l'actif et c'est sa dotation d'amortissement de l'exercice qui se déduit, pas son prix. Deux conséquences dans le même mouvement :

  1. ta trésorerie encaisse le prix entier, le jour du paiement ;
  2. ton bénéfice ne baisse que de la dotation de l'année — et une dotation se compte en mois, donc un achat de fin décembre n'en porte presque pas pour l'année en cours.

Madelin, PER : c'est l'année du versement qui compte

Deux dispositifs distincts, deux textes, et une même mécanique de date : ce qui est versé dans l'année se rattache à cette année.

Les cotisations Madelin (retraite complémentaire facultative, prévoyance, perte d'emploi) se déduisent de ton bénéfice professionnel, dans les limites de l'article 154 bis du CGI :

  • retraite : 10 % de la fraction du bénéfice imposable retenu dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, auxquels s'ajoutent 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre une et huit fois ce plafond — ou, si elle est supérieure, 10 % du montant annuel du plafond ;
  • prévoyance : 7 % du montant annuel du plafond et 3,75 % du bénéfice imposable, sans que le total puisse excéder 3 % de huit fois ce plafond.

Les versements sur un plan d'épargne retraite se déduisent, eux, de ton revenu net global, au titre de l'article 163 quatervicies du CGI. Le plafond est la différence entre 10 % de tes revenus d'activité professionnelle — retenus dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, ou 10 % de ce plafond si c'est plus favorable — et les cotisations déjà déduites au titre d'autres dispositifs de retraite. Ce plafond s'apprécie sur les revenus de l'année précédente.

Changer de régime : ce n'est pas une décision de décembre

C'est une idée répandue, et elle est fausse pour les BNC. Les deux sens se jouent au printemps, avec la déclaration.

L'article 102 ter du CGI prévoit que les contribuables qui souhaitent renoncer au micro-BNC « peuvent opter pour le régime visé à l'article 97 », et que « cette option doit être exercée dans les délais prévus pour le dépôt de la déclaration ». Elle « est valable un an et reconduite tacitement chaque année civile pour un an ». Pour y renoncer, même calendrier : dans les délais applicables au dépôt de la déclaration souscrite au titre des résultats de la période qui précède celle où la renonciation s'applique.

Ce que décembre te donne, en revanche, c'est la matière de ce choix : le total de tes recettes de l'année, et une idée de ce que tes charges réelles représentent face à l'abattement de 34 %. Comparer les deux régimes sur des chiffres approchants et conclure sur la bonne année d'application est un point d'appréciation — à valider avec ton comptable.

Et si le régime, lui, s'impose : le micro-BNC cesse de s'appliquer quand les recettes hors taxes dépassent 83 600 € sur les deux années précédentes. Décembre est le bon moment pour savoir si tu t'en approches.

Les pièces à rassembler pour la 2035

La déclaration contrôlée suppose une comptabilité tenue, pas reconstituée en mai. L'article 99 du CGI demande un livre-journal qui présente le détail des recettes et des dépenses professionnelles, et un registre des immobilisations et des amortissements portant la date et le coût d'acquisition des biens affectés à l'exercice de la profession, le montant des amortissements, et le cas échéant le prix et la date de cession. Le livre-journal et les pièces justificatives se conservent six ans.

Si tu adhères à une association agréée, elle procède à un examen de cohérence et de vraisemblance entre ta déclaration de résultat et ta comptabilité, puis rédige un compte rendu de mission (articles 1649 quater E et 1649 quater H du CGI). Elle réclamera donc les mêmes pièces, et plutôt tôt.

Ce que ton comptable ou ton AGA va demander

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Tes coches restent dans ce navigateur : elles ne sont ni envoyées, ni rattachées à un compte.

Pour la part de tes encaissements qui ne t'appartient pas encore, le raisonnement de provision est là : Combien mettre de côté quand on est kiné libéral. Et pour le détail des deux échéanciers de cotisations : Cotisations d'un kiné libéral.

Questions fréquentes

Une dépense payée le 31 décembre compte-t-elle pour l'année ?

À la déclaration contrôlée, oui : le BOFiP demande que les dépenses professionnelles aient été effectivement acquittées au titre de l'année d'imposition. Un chèque compte à la date de sa remise, un virement ou un prélèvement à la date du débit de ton compte. La même dépense payée le 2 janvier appartient à l'année suivante. En micro-BNC, la question ne se pose pas : les dépenses ne se déduisent pas.

Un acte de décembre payé par la CPAM en janvier compte pour quelle année ?

Pour l'année de l'encaissement. Le BOFiP pose le principe des recettes encaissées : une somme est réputée encaissée à la date où le bénéficiaire en a la libre disposition, et un virement à la date de son inscription au crédit du compte. Un acte réalisé fin décembre et réglé après le 31 est donc une recette de l'année suivante, sauf si tu as opté pour les créances acquises de l'article 93 A du CGI.

Faut-il acheter du matériel avant le 31 décembre pour payer moins d'impôt ?

Ce n'est pas un raisonnement que ce guide te propose. Une dépense professionnelle sort de ton compte en entier et ne réduit ton bénéfice que de sa part déductible ; au-dessus de 500 € HT par unité, elle ne le réduit même pas tout de suite, puisque le bien s'amortit. Ce que la date de paiement change, c'est l'année de rattachement d'un achat que tu avais de toute façon à faire. À valider avec ton comptable.

Jusqu'à quand peut-on verser sur un Madelin ou un PER pour l'année en cours ?

Les cotisations Madelin se déduisent du bénéfice de l'année où elles sont versées (article 154 bis du CGI), et les versements sur un plan d'épargne retraite se déduisent du revenu net global de l'année des versements (article 163 quatervicies). Dans les deux cas, c'est l'année du versement qui compte, et chaque dispositif a son propre plafond. Le montant que tu peux encore verser utilement se calcule sur ta situation : à valider avec ton comptable.

Peut-on changer de régime fiscal avant le 31 décembre ?

Non, ce n'est pas une échéance de décembre. L'option pour la déclaration contrôlée s'exerce dans les délais prévus pour le dépôt de la déclaration de résultat, donc au printemps (article 102 ter du CGI). Elle vaut un an et se reconduit tacitement ; y renoncer se fait dans les mêmes délais déclaratifs. Seule l'option de l'article 93 A, pour les créances acquises et les dépenses engagées, doit être exercée avant le 1er février de l'année qu'elle concerne.

Quelles pièces rassembler avant de voir son comptable ?

Les relevés de tous les comptes professionnels de l'année, les factures d'achat, les justificatifs de cotisations Urssaf et CARPIMKO, les contrats et quittances, le détail des redevances et rétrocessions, le relevé SNIR ou les bordereaux CPAM, et les factures du matériel acheté dans l'année. La déclaration contrôlée suppose un livre-journal des recettes et des dépenses et un registre des immobilisations et des amortissements (article 99 du CGI), à conserver six ans.

Sources

PilotKiné est un outil de pilotage financier pour les kinés libéraux. Il n'est ni un cabinet comptable, ni un avocat, ni une administration : ce guide informe, il ne remplace pas l'avis de l'organisme concerné ou d'un professionnel qui connaît ta situation.

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